Ce n’est pas la première fois que je parle de l’Atelier Crahay et du chemin qu’a parcouru Clarisse… En effet, j’ai découvert son travail dans l’ancienne boutique où je travaillais et je suis tout de suite tombée amoureuse.

Mais puisque depuis quelques temps, j’ai envie de publier des Success Stories pour nous donner un petit coup de boost, je me suis dit que ce serait chouette de la recontacter et de retracer tout son parcours dans les moindres détails!

Présente toi en quelques mots: qui es-tu, d’où viens-tu? Quelles sont tes passions?

Je suis Clarisse, jeune femme de 27 ans, pétillante et optimiste. Ce sont 2 qualificatifs qui me correspondent le plus. Liégeoise, j’ai fait des études en psychologie du travail. Je n’ai jamais eu d’idée concrète pour une profession, j’ai fait des études en logopédie et au bout de ma 2 ème année je me suis rendue compte que ça n’était pas ce que je souhaitais. Je me suis alors orientée vers le bachelier que j’ai terminé et j’ai travaillé dans l’entreprise où j’avais fait mon stage.

Venant d’une famille d’indépendants, difficile de se fermer des portes et se satisfaire d’une grosse boite et de vieilles procédures. J’ai toujours aimé plein de domaines sans vraiment avoir une passion en particulier.

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C’est lors d’un voyage en Thaïlande que j’ai eu un déclic, en 2012.

J’ai découvert une mini machine à coudre et ça m’a fascinée – à mon retour j’ai eu envie d’essayer. Je me souviens de mon premier cours où j’expliquais pourquoi je voulais coudre. J’ai osé dire que « j’aimerais être à la tête d’une marque et créer des vêtements »… Quand j’y repense, je ris, jamais je ne me serai imaginée là ou j’en suis maintenant!

A quel moment t’es-tu rendue compte que la vie que tu menais ne te convenait pas?

J’ai bossé 6 mois à temps plein en tant qu’employée dans un service de pension – j’aimais beaucoup le contact téléphonique, ça se passait plutôt bien. Ensuite j’ai changé de service et j’ai eu beaucoup de calculs, de contrôles à faire.

Je connaissais mal la matière et mon travail avait perdu du sens pour moi. De plus, j’ai été confrontée à certaines situations qui me frustraient beaucoup. En parallèle, j’arrivais à la fin de mes 2 années de cours du soir en couture et si je voulais continuer mon apprentissage je devais le faire en cours de jour.

J’ai donc décidé de terminer mon contrat CDD, ne pas signer de CDI et me laisser une année libre pour mes cours de jour. Je n’avais pas imaginé la suite, j’en suis ravie! 

As-tu eu un déclic qui t’a poussée à passer en indépendante?

Non, je pense qu’ayant toujours eu des exemples dans ma famille, l’idée de se lancer comme indépendante a été facile. J’ai quand même eu besoin d’en discuter avec mes parents pour avoir une sorte de consentement. Prendre cette décision seule était impossible, je suis très proche de ma famille.  (NB : Je ne suis pas encore officiellement indépendante mais mon mode de vie l’est totalement) 

Quels moyens t’es-tu donnés pour franchir le cap? 

J’ai eu la chance de connaître le frère de Lucien Gilson (Noir Artist) qui est passé par le système de couveuse. Martin, son grand frère et son « manager » est un bon ami. C’est lui qui m’a orientée vers Job in. A partir de là, j’ai construit mon plan d’affaires. Je ne pensais pas me mettre indépendante complète en réalité car j’avais des doutes. La couveuse d’entreprise Job In m’a permis de tester mon activité et pouvoir me faire confiance pour la suite.

Si tu devais décrire une de tes journées…

Hihi, très difficile. Je manque encore d’organisation alors il me serait impossible de décrire une journée. Mais on va dire que la journée type idéale c’est : bosser sur mon admin de 9h à 10h et ensuite bosser à mon atelier – faire de la production intense du lundi au mercredi jusque 18h – et fin de semaine j’enchaîne les rendez-vous en magasin. Je confectionne tout moi-même et j’y tiens! 

Par contre le soir, je coupe mon flex et je fais mes pochettes devant la TV! Je pourrais ne jamais m’arrêter – il faut parfois s’obliger à faire des pauses sans culpabiliser.

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Que conseillerais-tu à quelqu’un qui veut se lancer? Quelles sont les qualités que tu penses primordiales pour adopter le statut d’entrepeneur?

Je pense qu’il faut en parler autour de soi, parler de son projet, de ses envies – ne pas s’arrêter sur les avis négatifs. Plus on en parle autour de soi et plus on se rend compte qu’avoir un réseau est riche et cela nous permet de prendre certains raccourcis.

Avant tout, je dirais qu’il faut sentir un petit feu au fond de soi, une envie qui est bien là et presque dévorante qui permet de ne pas compter ses heures. 

Et puis surtout, oser sortir de sa zone de confort. Rester ouvert, aux idées, aux propositions, au networking… ne pas se figer ! 

 Des futurs projets? 

Pour l’instant une maison en cours de rénovation et donc mon futur propre atelier d’ici 4 mois, c’est déjà un beau projet en soi avec une inauguration pour la fin de l’été je l’espère! 

De grandes décisions vont se profiler à l’approche de ma fin de couveuse d’entreprise. Suite à cela, on verra comment l’Atelier Crahay va pouvoir rebondir et continuer à se distinguer des autres. 

Je ne planifie plus car je l’ai déjà fait et cela me stresse plus qu’autre chose… Les idées arrivent parfois sans qu’on ne s’en rende compte ! 

En claire, Clarisse continue de poursuivre sa Success Story avec le sourire et nous, on a vachement envie que ça continue! Merci à toi pour ton temps et à très vite je l’espère!